Publié dans Société

Assassinat de Tiana Rabarison (Nànàh) - « Que justice soit faite », souhaitent ses parents

Publié le vendredi, 08 mai 2020



Cela fait 5 ans, jour pour jour, précisément demain dimanche, que la jeune Tiana Rabarison ou Nànàh  pour les intimes,  avait été assassinée sauvagement. C’était  le dimanche 10 mai 2015. Le lendemain, son corps avait été retrouvé près du Mausolée à Andrianarivo. A l’époque, la  jeune femme avait 18 ans. A l’index, le jeune Solomampionona Ainarifetra Barinasy (21 ans), son ami de longue date. Depuis, les parents de Nànàh ne cessent de mener un combat acharné, du moins judiciairement parlant. Ils ne cherchent qu’une chose : que justice soit faite sur cette affaire. Un combat puisqu’ils s’estiment surtout  être victimes d’une exclusion dans tout ce qui concerne les procédures judiciaires, clame Lantosoa Rabarison, le père de Nànàh.  Selon ses dires, ils n’ont été convoqués qu’une seule fois à la Justice. C’était lorsque l’affaire était encore en instruction (Parquet). Puis, plus rien. Le père de Nànàh, nous explique qu’il n’a pas pris d’avocat. « Je n’ai aucune raison de le faire parce que c’est un assassinat reconnu par son auteur durant l’enquête policière. D’ailleurs, c’est lui –même qui a indiqué l’endroit où se trouvait le corps de notre fille », a-t-il déclaré.

 Pour les géniteurs de la victime, c’était un véritable coup de poignard dans le dos lorsque le procès s’était tenu à leur insu en 2016. Un jugement à l’issue duquel Solomampionona a écopé d’une peine de 15 ans de travaux forcés. Les Rabarison crient au scandale ! « Notre convocation pour assister à ce procès et d’y faire entendre notre voix ne nous est jamais parvenue. D’où notre opposition à ce verdict », révèle le père de la défunte.
« Le comble c’est qu’on a affirmé que nous pouvons faire appel aux dommages prononcés par le juge, 5 millions Ar, et non sur la peine de l’assassin », continue –t-il. « Même s’il nous donne 200 millions ariary par an à multiplier par 18, l’âge de ma fille, cela ne la ramènera pas à la vie », tonne le père qui, 5 ans après les faits, est toujours meurtri par cette séparation brutale d’un côté, et cette injustice flagrante de l’autre.

Incarcéré à la maison de force de Tsiafahy au lendemain du procès, Solomampionona Ainarifetra a été transféré pour des raisons ignorées à Fianarantsoa dans une maison d’arrêt. « Ce qui nous paraît inadmissible et inquiétant. On a avisé à l’époque le ministère de la Justice qui nous a rétorqués que le condamné avait déjà intégré son lieu de détention initial. Reste à vérifier s’il s’y trouve vraiment », précise Lantosoa Rabarison. Lui qui a stipulé que les « faveurs » accordées à l’assassin de sa fille unique et du blocage judiciaire dont il est victime pourraient s’expliquer du fait que celui-ci est un membre de la famille d’un haut responsable de l’ancien régime.
Leur exclusion de la procédure judiciaire en cours, si l’on peut le dire ainsi, est tel qu’ils sont encore dans l’attente du jugement en cette année 2020. « Nous avons appris par bribes d’information que notre demande de cassation aurait été rejetée », déplore le chef de famille.

« Le juste meurt, et personne n'y prend garde; les gens de bien sont recueillis, sans que nul comprenne que le juste est recueilli devant le mal ». Ce verset biblique choisi par la famille l’aide à apaiser son profond chagrin en attendant que justice soit faite.

Franck R.




 

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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